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LES POLICIERS DÉFILENT À PARIS POUR UNE "MARCHE DE LA COLÈRE"

Mercredi 2 Octobre - 07:04

France


Un agent et une voiture de la police nationale. - © Ministère de l'Intérieur
Une mobilisation inédite depuis près de 20 ans: à l'appel d'une large intersyndicale, les policiers vont battre le pavé mercredi à Paris pour une "marche de la colère" sur fond de malaise de l'institution, de hausse des suicides et de réforme des retraites.


Le cortège partira vers 12H30 de la place de la Bastille pour rejoindre celle de la République. Les organisations syndicales qui ont réussi l'union sacrée tous corps et tous grades confondus, espèrent une mobilisation exceptionnelle de 15.000 à 20.000 manifestants.

De mémoire de syndicalistes policiers, on n'avait pas vu un tel appel unitaire depuis 2001. A l'époque, la mobilisation avait été provoquée par le meurtre de deux policiers au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) par un braqueur récidiviste.

Suicides, conditions de travail et retraites

Cette fois, pas de fait divers sanglant agissant comme élément déclencheur, mais une usure opérationnelle liée au mouvement social des "gilets jaunes", où la police a été accusée de violences, et un bond des suicides au sein de la police nationale, un mal endémique dans l'institution.



Cinq points sont au cœur des revendications des policiers: "l'amélioration de la qualité de vie au travail", "une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l'Intérieur", "une réponse pénale réelle, efficace et dissuasive", "la défense des retraites" et une future loi d'orientation et de programmation "ambitieuse".

Le futur big bang des régimes de retraite est en effet l'un des principaux points de tension entre l'exécutif et les syndicats policiers, qui craignent une remise en cause de leur avantageux système de bonifications.

Les policiers bénéficient d'une bonification spéciale dite "du cinquième" ou "quinquennale", qui leur offre quatre trimestres (une annuité) de cotisation tous les cinq ans. Elle est plafonnée à cinq annuités. Pour être éligible à cette bonification, le fonctionnaire doit avoir exercé 27 ans.

Le gouvernement dans le viseur

Les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner assurant, le 17 septembre, qu'il défendrait "jusqu'au bout la spécificité du statut" des forces de l'ordre, sont loin d'avoir dissipé les inquiétudes des organisations syndicales.

"Nous voulons une position ferme et définitive du gouvernement", résume le secrétaire général d'Unité-SG-FO, Yves Lefebvre.

Selon le ministère de l'Intérieur dont le budget augmentera de 4% en 2020, 552 millions d'euros supplémentaires ont été consacrés aux personnels des forces de sécurité depuis le budget 2018.

Beauvau fait également valoir la "mobilisation forte" sur les suicides comme l'activisme des ministres pour défendre la police contre "la critique permanente".

Le rappel de ces mesures sera-t-il suffisant pour apaiser la "colère" des policiers? "Nous sommes déjà dans l'après-2 octobre", avertit M. Lefebvre.

Avec AFP